Libération d'Ahed Tamimi : d'une prison fermée à une autre sur ciel ouvert

Article publié le : 30/07/2018 à 18:00 dans Actualite

Ahed Tamimi, arborant un keffieh et un sourire sur son visage juvénile, vient de sortir ce 29 juillet de 8 mois d'incarcération dans une prison israélienne. Cette jeune femme qui a été contrainte de fêter son 17ème anniversaire en prison, avait été incarcérée après une vidéo devenue virale où l'on la voyait gifler un soldat israélien, dans son village Nabi Saleh, en Cis-Jordanie occupée. Ce territoire faisant parti de la colonie israélienne, les palestiniens y habitant se font juger dans les tribunaux israéliens. Revenons briévemment sur cette affaire et cette icône que représente aujourd'hui la jeune Ahed.

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AHED : LE POURQUOI DU COMMENT ?

La famille d'Ahed est connue pour être une famille d'activistes et de défendeurs de la cause palestinienne. Sur beaucoup de vidéos on apperçoit Ahed se confrotter à des soldats israéliens, elle comme d'autres membres de sa famille. D'ailleurs, l'élément déclencheur de la fameuse gifle d'Ahed à un soldat le 15 décembre 2017, était le fait qu'un de ses cousins Mohammed, agé de 15 ans, venait de recevoir une heure auparavant une balle à bout portant en pleine tête. Survivant aujourd'hui, son visage est totalement défiguré. Ahed Tamimi accompagnée de sa cousine Nour, se sont donc vus filmées pendant qu'elles avaient une altercation avec les soldats israéliens qui envahissaient leur terrain. Le 19 décembre 2017, Ahed sera arrêtée, ainsi que sa mère Nariman et sa cousine. Même si cette dernière, nommée Nour sera relachée le 5 janvier, le juge maintient la détention d'Ahed et de sa mère sous prétexte que la "gravité de la situation ne permet pas pour le moment une remise en liberté de la jeune femme". Le 13 février dernier a eu lieu le procès d'Ahed, à huit-clos, où un accord de "plaider coupable" contre 8 mois de prison et une amende de 5000 shekels à été prononcé.

LE JEUNE SYMBOLE D'UNE LUTTE CONTRE L'OCCUPATION

A sa sortie, Ahed et sa mère furent accueillies par leurs proches et les personnes les ayant soutenu pendant son incarcération. Malgré les tentatives d'Israel pour ne pas médiatiser leur sorties, en communiquant deux points de passage différents pour les deux femmes, cela n'a pas empêcher les palestiniens de venir à leur rencontre en criant qu'ils voulaient être libres. La jeune femme a bénéficié d'une couverture médiatique énorme, et ce dans le monde entier. Dans tout les pays on demandait la libération de la jeune fille et on dénonçait les méthodes d'emprisonnement d'Israël qui ne sont rien d'autre qu'abusive. Rappellons qu'il y a un taux de 99% d'emprisonnement dans les prisons israéliennes, et que plus de 200 personnes mineures sont incarcérées dans des conditions qu'Ahed n'hésite absolument pas à dénoncer (je pense notamment à Shorouk Dwayat, Nourhan Awad, ou encore Merry Bakr). La jeune femme a d'ailleurs continuer ses études au sein de la prison, et souhaite continuer en droit pour faire entendre la voix des Palestiniens, et dénoncer les conditions de détention, ainsi que les conditions de vie au sein du territoire occupé. Ahed a également déclaré que "tant que la Palestine était occupée, la lutte continuait". Elle s'est ensuite rendu sur la tombe de Yasser Arafat, avant d'aller au siège de l'autorité Palestinienne où une rencontre avec le Président Abbas a sûrement été organisée. 

Ahed représente maintenant le symbole de la résistance face à la colonisation, symbole du courage face à des soldats, et un état qui se retrouve à diaboliser une jeune femme allant même jusqu'à la qualifier de "petite terroriste" et dire qu'elle aurait dû être violée par ses geoliers afin de servir d'exemple. Mais ces propos n'entravent en rien au combat qu'elle souhaite continuer de mener et au soutien indéfectible qu'elle reçoit de toute part. Soutien qui semble d'ailleurs déranger puisque récemment, un artiste italien ayant peint le portrait d'Ahed sur le mur de l'occupation à été arrêté. Heureusement, Israël pourra arrêter autant de jeunes gens qu'elle le souhaitera, leur tirer desus à bout portant autant de fois qu'elle le voudra, elle n'arrêtera sûrement pas la quête de liberté que le peuple palestinien à entammer depuis maintenant une bonne cinquantaine d'année.

 

freque d'ahed tamimi peintre italien arrêté

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